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Jacques a dit de Samy NALEGE - 12’

Extrait :

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Synopsis :

Depuis cinq ans déjà, Amore, 12 ans est la victime silencieuse d’un père incestueux.

Alors qu’il découvre ses premières pulsions sexuelles pour son jeune frère, démarre son combat contre lui-même, afin de briser les chaînes addictives de l’inceste.

Note d'intention

L’idée de ce film m’est venue après avoir visionné un épisode de la série américaine « Criminal Minds ». Dans celui-ci, la célèbre équipe de profilers du Quantico était sur les traces d’un pédophile meurtrier, qui, durant son enfance avait été l’objet sexuel de son père.

Je me souviens m’être questionné : « Faire un film sur l’inceste cela ne doit pas être une mince affaire ? ».

En effet, comment présente-t’on des atrocités, que l’on n’a aucune intention de montrer ? Que dire pour briser des tabous centenaires, qui ont, jusque là, résisté à tant d’autres ? Quel pinceau utiliser pour dépeindre l’inhumain, mais ce, tout en conservant une dimension, justement humaine, au problème ? Et surtout, comment faire tout cela sans évoquer l’animal bestial qui inflige toutes ces horribles souffrances à la chair de sa chair ?

Ce sont là tout autant de problèmes inhérents à la thématique, qui ont non seulement motivés mes choix, paradoxalement ne m’ont donnés que plus envie d’écrire ce film.

C’est parce que mon désir premier était de présenter un regard inédit sur l’inceste, qu’il m’est paru naturel que se soit celui de l’enfant, car victime d’une part, et adulte en devenir d’autre part.

Je me trouvais alors face à deux problèmes majeurs :

Le premier : retranscrire à l’écran l’innocence que l’on accorde communément à l’âge de l’enfance. Le second : Trouver un acteur professionnel d’à peu près onze ans qui saurait incarner le personnage de manière crédible.

Si une approche poétique et un travail méticuleux de la lumière permettront la création de l’ambiance la plus pertinente, il me paru important que le film recèle une forte tendresse, car propice à la mise en scène de l’innocence. En ce qui concerne le second problème, je décidais d’écrire un scénario qui se devait d’être au service d’un jeu épuré, mais qui en rien ne ferait de concession à la puissance de la thématique.

Un tel film ne peut prendre corps sans une musique de composition, mais je voulais aussi que cette musique, très présente dans l’univers des enfants, soit aussi le lien invisible, cependant perceptible entre le père et le fils. D’où le choix de la musique, qui se devait d’être une mélodie simple, une variation de guère plus de trois accords, et exécutés par un piano solo. Dans ce film, a contrario du père, mais à l’instar de l’inceste, le thème musical tiendra une présence récurrente.

Samy NALEGE



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